Le laboratoire IACMOI

Journal de bord

Ce que je teste, ce que j’automatise, ce que je compare — et ce que j’abandonne. Un laboratoire qui ne montre que ses réussites n’est pas un laboratoire, c’est une plaquette commerciale. Ici, les deux colonnes du bilan.

  • Une panne de serveur qui valait une leçon

    Mon serveur est tombé pendant environ sept heures — incident chez l’hébergeur, rien à faire de mon côté. Le vrai problème : je l’ai découvert tard, parce que mon système d’alerte tournait… sur le serveur en panne. Un système de surveillance hébergé sur la machine qu’il surveille ne sert à rien le jour où ça compte.

    Correctif le jour même : un « dead man’s switch » externe. Le serveur envoie un battement de cœur régulier à un service indépendant ; si le battement s’arrête, je suis alerté sur mon téléphone en quelques minutes.

    La leçon : La supervision se conçoit dès l’architecture, pas après la première panne. C’est vrai pour mon laboratoire, c’est encore plus vrai pour un outil déployé en entreprise.

  • Orchestration multi-modèles : le bon modèle pour la bonne tâche

    Mise en place d’une orchestration où le modèle le plus capable planifie et contrôle, pendant que des modèles plus légers — et bien moins chers — exécutent les tâches simples en parallèle. Résultat : la qualité reste au niveau requis, la consommation chute.

    Deux réglages appris en pratique : limiter le nombre d’agents travaillant en parallèle (au-delà, la coordination coûte plus qu’elle ne rapporte), et exiger des livrables incrémentaux plutôt qu’un gros résultat final — on détecte les dérives tôt.

    La leçon : Avec la facturation au token, l’architecture du projet EST la maîtrise du budget. Ce principe est devenu un de mes engagements : il se décide à la conception, pas sur la facture.

  • Chasse aux secrets et sauvegarde chiffrée

    Passe complète de sécurité sur le laboratoire : plus aucun mot de passe ni clé d’accès stocké dans ma base documentaire — tout est déplacé dans des coffres dédiés, hors de portée des outils d’IA. En complément, une sauvegarde chiffrée de l’infrastructure part chaque nuit vers un stockage séparé.

    La leçon : Dès qu’une IA a accès à vos documents, la question n’est plus « mes documents sont-ils bien rangés ? » mais « qu’est-ce que je suis prêt à ce qu’elle lise ? ». La gouvernance des données se règle avant de brancher l’IA, pas après.

  • Synchroniser sa base de connaissances par le cloud grand public : abandonné

    Pendant des semaines, ma base documentaire était synchronisée à la fois par un cloud grand public et par un système de versionnage. Mauvaise idée : les deux mécanismes se marchaient dessus. Doublons de fichiers en cascade, historique corrompu, et même de fausses suppressions de masse qu’il a fallu rattraper.

    J’ai fini par trancher : abandon complet du cloud grand public sur cette base, un seul mécanisme de synchronisation, avec un garde-fou qui bloque toute disparition massive de fichiers.

    La leçon : Deux systèmes de synchronisation sur les mêmes fichiers, c’est un de trop. Et un garde-fou contre les suppressions de masse devrait exister partout où des données vivent.

  • Veille automatisée : déléguer 90 % du travail à un modèle léger

    Ma veille quotidienne (Supply Chain et IA) collectait, filtrait et résumait des dizaines d’articles avec mon modèle principal — efficace, mais coûteux. J’ai rebâti la chaîne : un modèle léger fait la collecte, le tri et les premières synthèses ; le modèle principal n’intervient que pour la rédaction finale du digest.

    Résultat mesuré : environ 90 % d’économie sur la consommation du modèle principal, pour un digest final de même qualité, livré chaque matin par email.

    La leçon : Avant d’optimiser un prompt, demandez-vous quel modèle doit vraiment faire le travail. La plus grosse économie est presque toujours là.

  • La recherche sémantique vaut ce que vaut la base documentaire

    Mise en place d’une recherche « par le sens » sur mes 400+ notes : chaque note est transformée en empreinte numérique (embedding), et une question retrouve les notes proches par leur signification, pas par leurs mots-clés. Réindexation automatique chaque nuit.

    La surprise n’est pas venue de la technique, qui marche bien. Elle est venue du contenu : quand deux notes se contredisent ou se répètent, la recherche sémantique restitue fidèlement… la confusion. Le gros du travail a été de restructurer la base, pas de coder la recherche.

    La leçon : Un RAG n’améliore pas vos documents, il les révèle. C’est la première chose que je regarde chez un client : l’état du gisement documentaire, avant de parler d’outil.

Ce que vous venez de lire, c’est ma méthode de travail.

Pas une plaquette : des essais, des mesures, et les abandons qui vont avec. C’est exactement comme ça que je travaille chez mes clients — on teste petit, on mesure, et on dit franchement quand ça ne marche pas.